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« Une Répétition », Michel del Castillo

mise en scène Armel Veilhan

assistante à la mise en scène Marie Gourion

scénographie André Acquart

avec Emmanuel Broche, Martine Couture, Pascal Nawojski, Nessim Khaloul

costumes Maud Adelen

photographies Pascal Gely / Agence Bernand



2002 Première création du texte.

Co-réalisation Espace Culturel Confluences (Paris 20ème). DRAC, Mairie de Paris, soutien du Thécif. Théâtre municipal de Villeneuve sur Lot.

Premier Prix des « Journées de Auteurs de Lyon ».

Ce qu’en dit la presse

logo MariannePied noir et militant pour l’indépendance algérienne, porteur de valises et propagandiste du FLN, puis adversaire déclaré de la dictature, poète et homosexuel, odieux à ses compatriotes de naissance, suspect pour ses concitoyens de choix, renégat aux yeux des uns et des autres, Jean Sénac est mort dans la misère et l’obscurité, il y a 30 ans. Assassiné comme Lorca et Pasolini, probablement par des intégristes manipulés, mais resté inconnu. Oublié, renié des deux côtés de la Méditérranée.

Porter à la scène indissolublement mélées, sa vie et son oeuvre, lui dresser un tombeau comme le fait l’écrivain Michel del Castillo, en profiter pour évoquer les crimes dont est jalonné le chemin de croix – et de croissant – l’Algérie contemporaine, coloniale puis « libre », c’est déranger encore une fois tout le monde, donc être fidèle à l’esprit de Sénac. Ne serait-ce que pour cela, ce spectacle serait à voir. Et aussi pour que survive l’âme d’un poète, longtemps après qu’il a disparu.

Dominique Jamet, Novembre 2002

logo Le ParisienCette ‘Répétition’ a lieu dans la petite salle de ‘Confluences’. Une enseigne parfaitement adaptée à cette pièce de Michel del Castillo qui est toute à la fois controverse et recherche des convergences. Trois personnages s’attachent à monter une pièce évoquant la vie et l’oeuvre de Jean Sénac, poète engagé qui, après avoir lutté pour l’indépendance de l’Algérie, fut rejeté par le nouveau pouvoir en place à Alger et finalement assassiné dans des circonstances qui laissent planer un doute sur la participation de ce pouvoir. Michel del Castillo, à travers les réflexions souvent contradictoires de ces trois personnages, situe bien le climat politique régnant à l’époque et fait ressortir les contradictions qui ont entrainé l’élimination de Sénac, lequel voulait acquérir la nationalité algérienne tout en considérant la langue française comme sa véritable patrie et souhaitait un Etat laïque dans un pays voué à l’Islam. L’écriture de del Castillo et une mise en scène rigoureuse d’Armel Veilhan ajoutent à l’intérêt que l’on prend à cette pièce subtile et courageuse.

André Lafargue, Novembre 2002

logo Le MondeJean Sénac revisité. Considéré comme ‘le plus grand poète algérien de langue française’ Jean Sénac n’en est pas moins largement méconnu. Armel Veilhan et Michel del Castillo ont tenté de sortir de cet oubli l’écrivain, indéfectible soutien de la cause algérienne. Le metteur en scène et l’auteur propose une tentative théâtrale téméraire, dont le titre Une répétition, résume leur difficulté à mettre en forme leur sujet, hésitant entre la mise en espace des poèmes de Sénac et une mise en perspective de son engagement en regard de l’histoire algérienne. Cette seconde approche donne son épaisseur au spectacle, malheureusement dénué de ressort dramatique. Del Castillo y décortique avec lucidité la marginalité du poète, son homosexualité, ses partis pris comme ses égarements politiques. A la lumière du parcours du poète, assassiné (probablement) dans la nuit du 30 août 1973, à Alger, affleure alors le destin d’un pays qui « tournait le dos à l’idéal laïc et républicain pour épouser une tradition islamique très suspecte ».

Marc Laumonier, Novembre 2002

logo Le GuideUne équipe de théâtre s’interroge avant de faire revivre sur scène Jean Sénac (1926-1973). Pas commode, car le personnage est complexe : fils de réfugiés espagnols, « l’homme gênant à tous les égards » se veut algérien mais choisit la langue française pour clamer – et écrire – ses amours homosexuelles, son engagement contre la discrimination, le colonialisme, la corruption et surtout contre la guerre civile. C’est l’histoire d’un rêve assassiné – celui de l’Algérie terre ouverte, d’une fraternité brisée. Un texte poignant, violent, créé par Armel Veilhan.

R.V., Novembre 2002