affiche brouillages

« Brouillages », Armel Veilhan

mise en scène Armel Veilhan

scénographie Hélène Chambron

avec Geneviève Brunet, Marie Fortuit, Serge Gaborieau, Nessim Khaloul, Laurent Le Doyen, Marie Normand, Marine Pennaforte, Violaine Phavorin, Raphaël Poli, Armel Veilhan

lumières Jacques-Benoît Dardant

photographies Julien Cauvin



2010

Aide à la reprise d’ARCADI, à Gare au Théâtre (Vitry sur Seine) et Confluences (Paris 20ème).

2008 / 2009

En coréalisation avec l’Espace Culturel Confluences (Paris 20ème). Soutien de la Mairie de Paris, Beaumarchais-SACD, ADAMI


Après la Guerre d’Algérie, après du Front populaire à la résistance, après Castillo et Delbo, nous remonterons le fleuve de l’Histoire jusqu’aux années 1938-39, juste après le Front Populaire, et juste avant avant que les pleins pouvoirs ne soient votés au Maréchal Pétain. Comment le  »brouillage » des idéologies de l’époque déteindra sur la vie des personnages ?

Ce spectacle est le dernier volet du tryptique « Espoir et décadence ». Le dernier acte d’un travail entamé il y a sept ans.

Une écriture dans le mouvement du plateau.

Après la création d’une pièce inachevée Une scène jouée dans la mémoire de Charlotte Delbo qui a généré une heure de théâtre, sans mot,  »écrite » dans un aller et retour permanent entre les improvisations des comédiens et la mise en scène, le désir de confronter la page blanche du plateau avec mon travail d’écriture.

La nécessité de prolonger ce théâtre en liberté, de réunir la calligraphie des corps et des mots.


Après la Guerre d’Algérie, après du Front populaire à la résistance, après Castillo et Delbo, nous remonterons le fleuve de l’Histoire jusqu’aux années 1938-39, juste après le Front Populaire, et juste avant avant que les pleins pouvoirs ne soient votés au Maréchal Pétain. Comment le  »brouillage » des idéologies de l’époque déteindra sur la vie des personnages ?

Ce spectacle est le dernier volet du tryptique « Espoir et décadence ». Le dernier acte d’un travail entamé il y a sept ans.

Une écriture dans le mouvement du plateau.

Après la création d’une pièce inachevée Une scène jouée dans la mémoire de Charlotte Delbo qui a généré une heure de théâtre, sans mot,  »écrite » dans un aller et retour permanent entre les improvisations des comédiens et la mise en scène, le désir de confronter la page blanche du plateau avec mon travail d’écriture.

La nécessité de prolonger ce théâtre en liberté, de réunir la calligraphie des corps et des mots.


Notes de l’auteur

Espoir et Décadence

En 1977, avec le recul de près de quarante ans, pressée par l’angoisse de la jeune Lou, Lise revient sur le passé qui la hante : celui de son pays, de sa famille, de la troupe à laquelle elle appartenait avec son mari Adrien, Fernando le régisseur qui, comme elle, est resté fidèle à l’engagement de sa jeunesse.

1938, 1977, deux temps se croisent, s’enchevêtrent entre l’action d’hier et celle de deux femmes séparées par trois générations.

Tout se déroule dans l’oeil subjectif de Lise. J’ai essayé d’affirmer le mouvement d’ Une scène jouée dans la mémoire : un théâtre qui rejoint la vie en rêve, du côté du sensible et de l’invisible.

« J’ai tant de questions encore » conclue Lou hébétée par le destin des personnages qui ont pris corps sous ses yeux.

Car au-delà du naufrage d’Adrien, de sa « tentation fasciste », ce sont bien les femmes qui m’ont porté. Aux forces de mort qui détruisent Adrien, elles opposent un secret de vie que même le chagrin et la douleur ne semblent complètement altérer.

Loin des idéologies, au-dessus des clameurs, elles élèvent une mélodie charnelle et amoureuse dont l’écoute force le cœur des hommes à retrouver leur humanité perdue.

Ce sont elles, en définitive, les personnages principaux.

Et c’est bien le symbole de notre République menacée que Julia incarne tout particulièrement dans sa générosité prodigue et sa fécondité. Allégorie ? Oui, mais encore lui faudra-t-elle fuir son pays où elle ne trouve plus sa place. Pour sauver l’enfant, elle devra s’exiler avec le fils bafoué, sacrifié, Raphaël. Elle ne croit pas si bien faire puisque ce sont bien les propres enfants de la République qui seront bientôt livrés aux nazis.

La République n’était pas morte, seulement en exil ? Elle attendait patiemment de revenir après le cyclone ? Encore faut-il se demander si elle s’est jamais vraiment remise de Vichy, de « Ce passé qui ne passe pas » ? La question reste entière aujourd’hui.

Cette identité française ici portée par l’Étrangère, Lise (est-elle Russe ? ), muse éclairée de la poésie et du théâtre. « Tu as toujours tout fait pour la troupe et pour le parti… » dit Fernando à Lise, à juste titre.

Après la vie de Jean Sénac et la jeunesse de Charlotte Delbo, il m’a semblé naturel de leur rendre hommage par le théâtre même, c’est-à-dire la fiction, la fable. Ce sont les personnages de fiction qui m’ont transporté dans la réalité de l’époque que je rumine, comme Lou, depuis tant d’années, au prise avec ma propre mémoire.

Armel Veilhan

Ce qu’en dit la presse

Logo Le Point « Nous sommes en 1977. Lise sort de scène, incarnation de Winnie dans Oh ! Les beaux jours. Dans sa loge, Lou, 20 ans, sa petite-fille, qui vient l’interroger. Elle tente de remonter le fil d’une histoire de famille complexe. Nous sommes en 1938. Adrien et Lise ont perdu leur fils, Raphaël, dans la guerre civile espagnole. La pièce progresse par allers et retours. Hier, aujourd’hui, aujourd’hui, avant-hier. Les démocraties vacillent et les idéologies se brouillent. Les sentiments aussi. Les hommes (et femmes) ne sont pas faits d’un bloc. Ils sont des êtres aux aspirations contradictoires, parfois peu avouables. « Le théâtre est un roman à tiroirs fait d’alcôves, de trappes et de chausse-trappes », clame l’un des personnages. La première pièce d’Armel Veilhan use de ces tiroirs, coins et recoins, à la fois pour servir le récit et évoquer les questionnements intérieurs de ses personnages.

(…) Les comédiennes tirent joliment leur épingle du jeu : Geneviève Brunet (Lise), grande dame du théâtre à l’orée de sa vie et Marie Fortuit (Julia), jeune brune incandescente et entière. »

Nedjma Van Egmond, Mai 2010


logo France Catholique
Très intéressante, elle raconte l’origine d’une jeune femme à travers le récit que lui en fait sa grand-mère. Ce récit est d’autant plus captivant qu’il se passe durant les années trente, avec moult références historiques aux évènements et au contexte social d’alors.

Les deux personnages féminins principaux sont parfaitement campés. Parmi les personnages masculins, celui de l’ami (aussi brève soit son apparition) est sans doute le plus complet, tandis que l’évolution de celui du compagnon de lutte attentionné se fait dans une douceur remarquable. Deux autres représentent des hommes qui n’ont pas été finis, et qui tombent dans la fatuité ou dans la brutalité. Ils sont tout aussi convaincants dès qu’on a compris qu’ils sont dépourvus d’une richesse intérieure qui ne fait pas partie de leur capital de départ. Celui du père enfin met un temps à se mettre en place tant il est écrasé par l’absence de son propre géniteur. Il y a beaucoup de douceur dans les dialogues entre la grand-mère et sa petite-fille, de la complicité aussi dans la mesure où le théâtre les réunit. Chaque personnage a son style, jusque dans sa façon de parler : elliptique, classique, verbeuse…

Décor et lumière sont parfaits dans la mesure où ils soutiennent efficacement et esthétiquement l’action sans prendre le pas sur elle.

Pierre François, Mai 2010

logo Au Poulailler« Les sauts temporels sont rendus avec une simplicité qui fait mouche (par la découpe des éclairages, les échos de gestes ou la mise en abyme – Lise se regarde agir jeune en spectatrice de son propre destin), l’économie réussissant par sa précision là où, par exemple, le dispositif sophistiqué de Bernard Sobel écrasait récemment toutes les nuances du texte de Marius von Mayenburg (La Pierre) (…)

Au cœur de ce nœud mémoriel, un grand-père défunt, Adrien, jadis comédien égocentrique et séducteur, misanthrope sensible aux vents idéologiques, sorte de gouffre béant aspirant à lui l’affection des autres. Laurent Le Doyen campe avec un mélange bien venu de sévérité et de froideur ce pervers narcissique incapable de fixer son propre masque. Près de lui, Lise jeune (que Violaine Phavorin joue en parfaite comédienne de sa propre existence), son fils délaissé Raphaël (Nessim Kahloul), Chris (Nicolaï Iarochenko), le voyou improbable pour lequel il abandonne Lise et son passé et, de loin en loin, une jeune femme égarée, Julia (une Marie Fortuit entière et forte même dans le désespoir) qui va relier, à nouveau mais sans le savoir, les fils de ces destins… »

David Larre, Février 2010

logo Un Fauteuil pour l'orchestre« Entre ombre et lumière, les personnages se croisent, se rencontrent, s’affrontent puis se déchirent au rythme nostalgique d’un théâtre subissant les aléas d’un contexte politique trouble. La loge de Lise, lieu de la confession et d’une complicité enthousiaste entre une grand-mère et sa petite fille, constitue le point de chute d’une mise en scène aérienne et toujours en mouvement. D’une époque à l’autre, les chassés-croisés sont nombreux et permettent aux personnages de dialoguer dans une proximité rêvée, un échange idéalement fantasmé. Un temps recréé, dans un espace transfiguré, comme le disait Adamov à propos du théâtre (…)

Comprendre le passé à la lumière du présent, une démarche d’historien faisant résonner les écrits de Marc Bloch et permettant à l’auteur de procéder à un feed back entre les ondes brouillées de l’histoire contemporaine »

Bruno Deslot, Février 2010

logo Les trois coups« Marie Fortuit interprète Julia, la mère de Lou. Cette jeune femme brune illumine le plateau par la maîtrise de son rôle et par son talent. D’un personnage au début effacé, elle parvient à dégager une présence et une authenticité en tous points remarquables, sans que l’on sente d’hiatus entre ces deux types de jeu. Dès ses premiers pas silencieux, son visage baissé irradie de cette énergie mystérieuse, magnétique, qui éclate dans des dialogues menés avec fougue et justesse. Cette individualité extraordinaire n’empêche pas d’apprécier des prestations plus ponctuelles mais solides, comme celles de Nessim Kahloul et de Serge Gaborieau (Fernando) »

Vincent Morch, Février 2010

logo Radio Libertaire« Brouillages, c’est une investigation dans la confusion des esprits à un moment de l’histoire ou la démocratie parlementaire se révèle être particulièrement décevante pour les êtres qui aspirent à quelques idéaux, quelques utopies et le résultat ce sont, entre autres, les « tentations fascistes ».

Cette pièce m’a intéressé d’autant plus que je connais le travail de la compagnie, le travail d’Armel Veilhan en tant qu’auteur, metteur en scène et même en qualité de comédien, et donc je suis allé à Confluences où je n’ai pas du tout été déçu, bien au contraire, j’ai absolument adoré cette écriture, le spectacle et les comédiens (…)

La pièce se pose sur le plateau et devant nous de façon tout à fait simple. C’est une pièce qui respire, le temps s’écoule lentement sans surcharge et avec beaucoup d’ouverture : on est à la fois en train d’apprendre quelque chose mais avec suffisamment d’air pour rêver soi-même, se laisser bercer par cette histoire.

Le spectacle nous raconte une histoire, c’est très agréable, et en même temps on se questionne, sans didactisme ce qui est rare aujourd’hui.

Là, on est dans le bonheur : c’est une heure quarante cinq de spectacle magnifique ! »

 Emission Tempête sur les planches, Septembre 2008

« Armel Veilhan anime depuis plusieurs années une formation théâtrale, il a constitué une véritable équipe.(…) La pièce tient en haleine les spectateurs »

 Edith Rappoport (DRAC Île-de-France), Septembre 2008