" Les Bonnes " de Jean Genet

« Les Bonnes », Jean Genêt

mise en scène Serge Gaborieau & Armel Veilhan

avec Marie Fortuit, Odile Mallet & Violaine Phavorin

scénographie & Lumière Jacques-Benoît Dardant

photographies Julien Cauvin 



Deux bonnes, deux soeurs, Claire et Solange, tissent une machination contre l’amant de leur maîtresse, Monsieur. Celui-ci est emprisonné mais rapidement libéré. Claire et Solange craignant alors d’être démasquées décident soudain d’empoisonner leur maîtresse…


Calendrier de tournée

2011 Avant-premières au Lieu de Théâtre A (Les Lilas) – mai 2011, Co-réalisation Théâtre du Lucernaire (Paris 6ème) – juillet > octobre 2011

2012 Reprise au Théâtre du Lucernaire (Paris 6ème) – juin > septembre 2012, Théâtre du Garde-Chasse (Les Lilas) – 19 octobre 2012

2013 Théâtre des 2 Rivières (Lanester) – 15 et 16 février 2013


Note d’intention

Un regard oblique

Au moment où Théâtre A construit, investit un nouveau lieu aux Lilas ouvrant une page nouvelle, ma démarche de travail, pour être presque toujours partie de faits pour aboutir au théâtre, avait nécessairement besoin un jour de partir du théâtre pour revenir aux faits.

« …une façon un peu oblique d’aborder la politique. Pas la politique en tant que telle, telle qu’elle est faîte par les hommes politiques. Aborder les situations sociales qui provoqueront une politique »

Ce regard oblique sur le monde et la cité, cette « intime politique » correspond à ma caméra subjective à travers laquelle je regarde les faits historiques, leurs incidences avec les vies tout en redonnant sa place à la machine à histoire.

Formation d’un projet et d’une équipe

Le triptyque « Espoir et décadence » nous a mobilisés six ans pour trois spectacles sur les plaies de la Troisième et Quatrième République, le projet des « Bonnes » est né de mon désir d’ouvrir une nouvelle page de travail dans un nouveau lieu en retournant aux sources de ma relation au théâtre initiée dans l’adolescence : je ne cesse depuis, il me semble, de jouer « Les Bonnes » : il me fallait donc bien les mettre en scène un jour.

Encore fallait-il pour cela attendre de rencontrer les actrices, car je n’aurais pu distribuer « Les Bonnes » sans y envisager des comédiennes avec lesquelles une mémoire de travail, un langage commun se serait déposé  au fil d’un travail complice. Marie Fortuit, Violaine Phavorin, puis plus tard Odile Mallet : le trio des « Bonnes » s’est peu à peu formé.
Entre les jeunes comédiennes et la vieille actrice se raconterait aussi le cycle du début et de la fin d’une vie de théâtre.

Le labyrinthe des Bonnes

Avec mon compère Serge Gaborieau, l’envie commune de tirer le fil du polar de la pièce, de redonner tout son suspens à l’intrigue et toute la comédie de la pièce de Jean Genet qui, sous la trompeuse construction classique, ne cesse de brouiller les pistes, de noyer le drame conventionnel et attendu à l’annonce du crime. Les faits, l’histoire, le contexte sont par magie transmués par Genet en un chant créateur universel autant qu’en une partie de poker menteur où les comédiennes sont appelées à devenir ses complices en faux et usages de faux.

Un espace imaginaire

Avec Jacques-Benoît Dardant, nous avons imaginé la scénographie d’un espace purement imaginaire, sorte de labyrinthe « genésien » où, avec très peu d’éléments, la chambre de madame apparaîtra et disparaîtra, mais aussi la chambre des bonnes, le dédale des couloirs d’un grand et luxueux appartement bourgeois devenu un navire clandestin dans la nuit, cap sur la Guyane.
La scénographie des « Bonnes » est née dans l’espace des répétitions de notre nouveau lieu, se confondant souvent avec celui-ci pour notre plus grand plaisir. Jamais je n’aurais pensé créer une pièce dans un espace construit par notre équipe et imaginé par nous !

Une Histoire de jeunesse

Mais « Les Bonnes » c’est aussi les enfants que nous avons été et qui ont tous joué un jour à se travestir. Ce travestissement, cette transformation, c’est bien la première chose que le théâtre m’ait proposé ; « Les Bonnes » sont restées pour moi une affaire de jeunesse. Cette confusion permanente des sentiments et du désir, cet enchaînement au regard de l’autre et à son désir pour l’autre que l’on voudrait être jusqu’à la nausée. Ce besoin de fascination et cette érotisation de la fascination alors que tout nous éveillerait à un premier printemps, et que tout devrait nous conduire à la vie simple et merveilleuse : l’écriture des « Bonnes » purge le noir théâtre de l’adolescence.

Depuis le fait divers, drame d’une condition sociale, d’un inceste qui ne trouvera d’issue que dans la mort, Genet déplie unes à unes toutes les dimensions de l’action, finissant par atteindre le mythe.

Armel Veilhan

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