photo: A. Veilhan

« Le Navire Night », Marguerite Duras

(Éditions Gallimard)

avec Marie Fortuit & Antoine Formica

mise en scène Armel Veilhan

collaboration artistique Clémence Bordier

scénographie & lumière Jacques-Benoît Dardant

régie générale Nicolas Ameil

images vidéo Victorine Reinewald

production Compagnie Théâtre A en co-réalisation avec le Théâtre du Garde-Chasse,la Ville des Lilas et Lilas en scène


À Paris, chaque nuit, des centaines d’hommes et de femmes utilisent l’anonymat de lignes téléphonique non attribuées qui datent de l’occupation allemande, pour se parler, se découvrir, s’aimer. Ces gens, naufragés de l’amour du désir, se meurent d’aimer, de sortir du gouffre de la solitude. Ces gens qui crient la nuit dans ce gouffre se donnent tous des rendez-vous. Ces rendez-vous ne sont jamais suivis de rencontres. Il suffit qu’ils soient pris. Personne n’y va. C’est l’appel lancé dans le gouffre, le cri qui déclenche la jouissance. Ou peut-être l’autre cri – la réponse. Quelqu’un crie. Quelqu’un répond qu’il a entendu le cri. C’est un orgasme noir. Sans toucher réciproque. Sans visage. Les yeux fermés. La voix seule. Le texte des voix dit les yeux fermés. L’histoire est arrivée ? Quelqu’un dit l’avoir vécue en réalité, oui. Et puis elle a été racontée par d’autres. Et puis elle a été rédigée. Et puis écrite.

Marguerite Duras

Et soudain jaillit en eux ce désir primitif. Ce gouffre primitif du désir qui nous relie, dit Duras, aux hommes du Moyen âge. Parce que ce cri réside toujours en nous.

Armel Veilhan