Tous les articles par theatreA

« Le Navire Night », Marguerite Duras

(Éditions Gallimard)

avec Marie Fortuit & Antoine Formica

mise en scène Armel Veilhan

collaboration artistique Clémence Bordier

scénographie & lumière Jacques-Benoît Dardant

régie générale Nicolas Ameil

images vidéo Victorine Reinewald

production Compagnie Théâtre A en co-réalisation avec le Théâtre du Garde-Chasse,la Ville des Lilas et Lilas en scène


À Paris, chaque nuit, des centaines d’hommes et de femmes utilisent l’anonymat de lignes téléphonique non attribuées qui datent de l’occupation allemande, pour se parler, se découvrir, s’aimer. Ces gens, naufragés de l’amour du désir, se meurent d’aimer, de sortir du gouffre de la solitude. Ces gens qui crient la nuit dans ce gouffre se donnent tous des rendez-vous. Ces rendez-vous ne sont jamais suivis de rencontres. Il suffit qu’ils soient pris. Personne n’y va. C’est l’appel lancé dans le gouffre, le cri qui déclenche la jouissance. Ou peut-être l’autre cri – la réponse. Quelqu’un crie. Quelqu’un répond qu’il a entendu le cri. C’est un orgasme noir. Sans toucher réciproque. Sans visage. Les yeux fermés. La voix seule. Le texte des voix dit les yeux fermés. L’histoire est arrivée ? Quelqu’un dit l’avoir vécue en réalité, oui. Et puis elle a été racontée par d’autres. Et puis elle a été rédigée. Et puis écrite.

Marguerite Duras

Et soudain jaillit en eux ce désir primitif. Ce gouffre primitif du désir qui nous relie, dit Duras, aux hommes du Moyen âge. Parce que ce cri réside toujours en nous.

Armel Veilhan

« Si Bleue, Si Bleue La Mer », Nis Momme Stockmann

texte français Nils Haarmann & Olivier Martinaud
mise en scène Armel Veilhan
LA MAILLE – Cie Théâtre A
avec Romain Dutheil, Marie Fortuit, Guillaume Mika
collaboration artistique Clémence Bordier
lumière Jacques-Benoît Dardant

Du 18 au 30 mai 2015
20h30 > lu, jeu, ven, sa

Allemagne, années 2000
une jeune prostituée – Mok
un adolescent Darko
et son ami Elia.
Dans ce paysage en béton,
la parole surgit
source étonnante de vie et d’ironie.
En architecte de l’écriture théâtrale,
Nis-Momme Stockmann nous plonge dans la réalité d’une génération d’exclus.

L’Arche éditeur est agent théâtral du texte représenté.


L’auteur

Né en 1981 sur l’île de Föhr, en Allemagne. Il suit des études sur le langage et la culture du Tibet à Hambourg et sur les sciences des médias à Odensee (Danemark), ainsi qu’une formation de cuisinier, avant de se consacrer à l’écriture scénique à l’université des arts de Berlin. En 2005, il fonde le studio « le Laboratoire », un projet de résidence dans une école élémentaire vide. En 2009, il reçoit le premier prix et le prix du public lors du Marché aux pièces de Heidelberg pour « L’homme qui mangea le monde » Ses pièces sont aujourd’hui traduites en français, polonais, anglais, suédois et espagnol.


« (…) Ce qui m’intéresse ici, dans Si bleue, si bleue, la mer c’est que cette banlieue allemande, où le pire se produit dans l’indifférence générale, Stockmann la délivre au travers des personnages de Mok, Elia et Darko qui possède le don de raconter. C’est le contraire de la vision faussement omnisciente du concert médiatique. L’écriture de Stockmann renoue avec celle de Handke ou de Bernhard. Surgit une parole qui malgré le délabrement intérieur des êtres en question, restera inviolable : une source pure jaillissant des profondeurs d’une terre souillée (…) Darko et Mok se doutent qu’ils sont condamnés. Pourtant ils se demandent ce qu’ils font là ? Et quand ils parlent de la Norvège où la mer est si bleue et où ils jurent de se rendre un jour, tout redevient possible. »

Armel Veilhan