Archives de catégorie : Créations

« Brouillages », Armel Veilhan

mise en scène Armel Veilhan

scénographie Hélène Chambron

avec Geneviève Brunet, Marie Fortuit, Serge Gaborieau, Nessim Khaloul, Laurent Le Doyen, Marie Normand, Marine Pennaforte, Violaine Phavorin, Raphaël Poli, Armel Veilhan

lumières Jacques-Benoît Dardant

photographies Julien Cauvin



2010

Aide à la reprise d’ARCADI, à Gare au Théâtre (Vitry sur Seine) et Confluences (Paris 20ème).

2008 / 2009

En coréalisation avec l’Espace Culturel Confluences (Paris 20ème). Soutien de la Mairie de Paris, Beaumarchais-SACD, ADAMI


Après la Guerre d’Algérie, après du Front populaire à la résistance, après Castillo et Delbo, nous remonterons le fleuve de l’Histoire jusqu’aux années 1938-39, juste après le Front Populaire, et juste avant avant que les pleins pouvoirs ne soient votés au Maréchal Pétain. Comment le  »brouillage » des idéologies de l’époque déteindra sur la vie des personnages ?

Ce spectacle est le dernier volet du tryptique « Espoir et décadence ». Le dernier acte d’un travail entamé il y a sept ans.

Une écriture dans le mouvement du plateau.

Après la création d’une pièce inachevée Une scène jouée dans la mémoire de Charlotte Delbo qui a généré une heure de théâtre, sans mot,  »écrite » dans un aller et retour permanent entre les improvisations des comédiens et la mise en scène, le désir de confronter la page blanche du plateau avec mon travail d’écriture.

La nécessité de prolonger ce théâtre en liberté, de réunir la calligraphie des corps et des mots.


Après la Guerre d’Algérie, après du Front populaire à la résistance, après Castillo et Delbo, nous remonterons le fleuve de l’Histoire jusqu’aux années 1938-39, juste après le Front Populaire, et juste avant avant que les pleins pouvoirs ne soient votés au Maréchal Pétain. Comment le  »brouillage » des idéologies de l’époque déteindra sur la vie des personnages ?

Ce spectacle est le dernier volet du tryptique « Espoir et décadence ». Le dernier acte d’un travail entamé il y a sept ans.

Une écriture dans le mouvement du plateau.

Après la création d’une pièce inachevée Une scène jouée dans la mémoire de Charlotte Delbo qui a généré une heure de théâtre, sans mot,  »écrite » dans un aller et retour permanent entre les improvisations des comédiens et la mise en scène, le désir de confronter la page blanche du plateau avec mon travail d’écriture.

La nécessité de prolonger ce théâtre en liberté, de réunir la calligraphie des corps et des mots.


Notes de l’auteur

Espoir et Décadence

En 1977, avec le recul de près de quarante ans, pressée par l’angoisse de la jeune Lou, Lise revient sur le passé qui la hante : celui de son pays, de sa famille, de la troupe à laquelle elle appartenait avec son mari Adrien, Fernando le régisseur qui, comme elle, est resté fidèle à l’engagement de sa jeunesse.

1938, 1977, deux temps se croisent, s’enchevêtrent entre l’action d’hier et celle de deux femmes séparées par trois générations.

Tout se déroule dans l’oeil subjectif de Lise. J’ai essayé d’affirmer le mouvement d’ Une scène jouée dans la mémoire : un théâtre qui rejoint la vie en rêve, du côté du sensible et de l’invisible.

« J’ai tant de questions encore » conclue Lou hébétée par le destin des personnages qui ont pris corps sous ses yeux.

Car au-delà du naufrage d’Adrien, de sa « tentation fasciste », ce sont bien les femmes qui m’ont porté. Aux forces de mort qui détruisent Adrien, elles opposent un secret de vie que même le chagrin et la douleur ne semblent complètement altérer.

Loin des idéologies, au-dessus des clameurs, elles élèvent une mélodie charnelle et amoureuse dont l’écoute force le cœur des hommes à retrouver leur humanité perdue.

Ce sont elles, en définitive, les personnages principaux.

Et c’est bien le symbole de notre République menacée que Julia incarne tout particulièrement dans sa générosité prodigue et sa fécondité. Allégorie ? Oui, mais encore lui faudra-t-elle fuir son pays où elle ne trouve plus sa place. Pour sauver l’enfant, elle devra s’exiler avec le fils bafoué, sacrifié, Raphaël. Elle ne croit pas si bien faire puisque ce sont bien les propres enfants de la République qui seront bientôt livrés aux nazis.

La République n’était pas morte, seulement en exil ? Elle attendait patiemment de revenir après le cyclone ? Encore faut-il se demander si elle s’est jamais vraiment remise de Vichy, de « Ce passé qui ne passe pas » ? La question reste entière aujourd’hui.

Cette identité française ici portée par l’Étrangère, Lise (est-elle Russe ? ), muse éclairée de la poésie et du théâtre. « Tu as toujours tout fait pour la troupe et pour le parti… » dit Fernando à Lise, à juste titre.

Après la vie de Jean Sénac et la jeunesse de Charlotte Delbo, il m’a semblé naturel de leur rendre hommage par le théâtre même, c’est-à-dire la fiction, la fable. Ce sont les personnages de fiction qui m’ont transporté dans la réalité de l’époque que je rumine, comme Lou, depuis tant d’années, au prise avec ma propre mémoire.

Armel Veilhan

Ce qu’en dit la presse

Logo Le Point « Nous sommes en 1977. Lise sort de scène, incarnation de Winnie dans Oh ! Les beaux jours. Dans sa loge, Lou, 20 ans, sa petite-fille, qui vient l’interroger. Elle tente de remonter le fil d’une histoire de famille complexe. Nous sommes en 1938. Adrien et Lise ont perdu leur fils, Raphaël, dans la guerre civile espagnole. La pièce progresse par allers et retours. Hier, aujourd’hui, aujourd’hui, avant-hier. Les démocraties vacillent et les idéologies se brouillent. Les sentiments aussi. Les hommes (et femmes) ne sont pas faits d’un bloc. Ils sont des êtres aux aspirations contradictoires, parfois peu avouables. « Le théâtre est un roman à tiroirs fait d’alcôves, de trappes et de chausse-trappes », clame l’un des personnages. La première pièce d’Armel Veilhan use de ces tiroirs, coins et recoins, à la fois pour servir le récit et évoquer les questionnements intérieurs de ses personnages.

(…) Les comédiennes tirent joliment leur épingle du jeu : Geneviève Brunet (Lise), grande dame du théâtre à l’orée de sa vie et Marie Fortuit (Julia), jeune brune incandescente et entière. »

Nedjma Van Egmond, Mai 2010


logo France Catholique
Très intéressante, elle raconte l’origine d’une jeune femme à travers le récit que lui en fait sa grand-mère. Ce récit est d’autant plus captivant qu’il se passe durant les années trente, avec moult références historiques aux évènements et au contexte social d’alors.

Les deux personnages féminins principaux sont parfaitement campés. Parmi les personnages masculins, celui de l’ami (aussi brève soit son apparition) est sans doute le plus complet, tandis que l’évolution de celui du compagnon de lutte attentionné se fait dans une douceur remarquable. Deux autres représentent des hommes qui n’ont pas été finis, et qui tombent dans la fatuité ou dans la brutalité. Ils sont tout aussi convaincants dès qu’on a compris qu’ils sont dépourvus d’une richesse intérieure qui ne fait pas partie de leur capital de départ. Celui du père enfin met un temps à se mettre en place tant il est écrasé par l’absence de son propre géniteur. Il y a beaucoup de douceur dans les dialogues entre la grand-mère et sa petite-fille, de la complicité aussi dans la mesure où le théâtre les réunit. Chaque personnage a son style, jusque dans sa façon de parler : elliptique, classique, verbeuse…

Décor et lumière sont parfaits dans la mesure où ils soutiennent efficacement et esthétiquement l’action sans prendre le pas sur elle.

Pierre François, Mai 2010

logo Au Poulailler« Les sauts temporels sont rendus avec une simplicité qui fait mouche (par la découpe des éclairages, les échos de gestes ou la mise en abyme – Lise se regarde agir jeune en spectatrice de son propre destin), l’économie réussissant par sa précision là où, par exemple, le dispositif sophistiqué de Bernard Sobel écrasait récemment toutes les nuances du texte de Marius von Mayenburg (La Pierre) (…)

Au cœur de ce nœud mémoriel, un grand-père défunt, Adrien, jadis comédien égocentrique et séducteur, misanthrope sensible aux vents idéologiques, sorte de gouffre béant aspirant à lui l’affection des autres. Laurent Le Doyen campe avec un mélange bien venu de sévérité et de froideur ce pervers narcissique incapable de fixer son propre masque. Près de lui, Lise jeune (que Violaine Phavorin joue en parfaite comédienne de sa propre existence), son fils délaissé Raphaël (Nessim Kahloul), Chris (Nicolaï Iarochenko), le voyou improbable pour lequel il abandonne Lise et son passé et, de loin en loin, une jeune femme égarée, Julia (une Marie Fortuit entière et forte même dans le désespoir) qui va relier, à nouveau mais sans le savoir, les fils de ces destins… »

David Larre, Février 2010

logo Un Fauteuil pour l'orchestre« Entre ombre et lumière, les personnages se croisent, se rencontrent, s’affrontent puis se déchirent au rythme nostalgique d’un théâtre subissant les aléas d’un contexte politique trouble. La loge de Lise, lieu de la confession et d’une complicité enthousiaste entre une grand-mère et sa petite fille, constitue le point de chute d’une mise en scène aérienne et toujours en mouvement. D’une époque à l’autre, les chassés-croisés sont nombreux et permettent aux personnages de dialoguer dans une proximité rêvée, un échange idéalement fantasmé. Un temps recréé, dans un espace transfiguré, comme le disait Adamov à propos du théâtre (…)

Comprendre le passé à la lumière du présent, une démarche d’historien faisant résonner les écrits de Marc Bloch et permettant à l’auteur de procéder à un feed back entre les ondes brouillées de l’histoire contemporaine »

Bruno Deslot, Février 2010

logo Les trois coups« Marie Fortuit interprète Julia, la mère de Lou. Cette jeune femme brune illumine le plateau par la maîtrise de son rôle et par son talent. D’un personnage au début effacé, elle parvient à dégager une présence et une authenticité en tous points remarquables, sans que l’on sente d’hiatus entre ces deux types de jeu. Dès ses premiers pas silencieux, son visage baissé irradie de cette énergie mystérieuse, magnétique, qui éclate dans des dialogues menés avec fougue et justesse. Cette individualité extraordinaire n’empêche pas d’apprécier des prestations plus ponctuelles mais solides, comme celles de Nessim Kahloul et de Serge Gaborieau (Fernando) »

Vincent Morch, Février 2010

logo Radio Libertaire« Brouillages, c’est une investigation dans la confusion des esprits à un moment de l’histoire ou la démocratie parlementaire se révèle être particulièrement décevante pour les êtres qui aspirent à quelques idéaux, quelques utopies et le résultat ce sont, entre autres, les « tentations fascistes ».

Cette pièce m’a intéressé d’autant plus que je connais le travail de la compagnie, le travail d’Armel Veilhan en tant qu’auteur, metteur en scène et même en qualité de comédien, et donc je suis allé à Confluences où je n’ai pas du tout été déçu, bien au contraire, j’ai absolument adoré cette écriture, le spectacle et les comédiens (…)

La pièce se pose sur le plateau et devant nous de façon tout à fait simple. C’est une pièce qui respire, le temps s’écoule lentement sans surcharge et avec beaucoup d’ouverture : on est à la fois en train d’apprendre quelque chose mais avec suffisamment d’air pour rêver soi-même, se laisser bercer par cette histoire.

Le spectacle nous raconte une histoire, c’est très agréable, et en même temps on se questionne, sans didactisme ce qui est rare aujourd’hui.

Là, on est dans le bonheur : c’est une heure quarante cinq de spectacle magnifique ! »

 Emission Tempête sur les planches, Septembre 2008

« Armel Veilhan anime depuis plusieurs années une formation théâtrale, il a constitué une véritable équipe.(…) La pièce tient en haleine les spectateurs »

 Edith Rappoport (DRAC Île-de-France), Septembre 2008

« Cabaret à Lou»

création et interprétation Marie Fortuit & Nicolas Joseph

avec la complicité de Marine Martin Elhinger

Extraits de Poèmes à Lou

Affiche Cabaret à Lou
 » Cabaret à Lou  » de Marie Fortuit et Nicolas Joseph

« Quatre jours mon amour pas de lettre de toi
Le jour n’existe plus le soleil s’est noyé
La caserne est changé en maison de l’effroi
Et je suis triste ainsi qu’un cheval convoyé… »

« Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie
Ô mon unique amour et ma grande folie
La nuit descend
On y pressent
Un long un long destin de sang »

« J’ignore tout de toi qu’es-tu donc devenue
Es-tu morte, es-tu vive et l’as-tu renié
L’amour que tu promis un jour au canonnier
Que je voudrais mourir sur la rive inconnue… »

« On est contents au bord de la rivière
Dans la forêt
On est contents la mort règne sur terre
Mais l’on est prêt
On est prêt à mourir pour que tu vives
Dans le bonheur
Le obus ont brûlés les fleurs lascives… »

« Lorsque deux nobles cœurs se sont vraiment aimés
leur amour est plus fort que la mort elle même
cueillons les souvenirs que nous avons semés et
l’absence après tout n’est rien lorsque l’on s’aime. »

C’est à Port-Louis en Bretagne, qu’a lieu la première de « Cabaret à Lou ». Théâtre A – compagnie conventionnée par la région d’Ile de France – décide de promouvoir et de défendre le spectacle en lançant une tournée dans le Morbihan durant tout l’été 2007. Depuis «Cabaret à Lou» poursuit sa route.

Nous jouons dans les cabarets et les théâtres parisiens, au Festival Ta Parole (Montreuil), et aussi en tournée en Province (Vosges, Bretagne, Ardèche..)

 

Entre les Poèmes à Lou de Guillaume Apollinaire et des textes d’Aragon mis en musique par Ferré et d’autres, Nicolas Joseph, à l’accordéon et à la guitare, accompagne Marie Fortuit, dans le rêve d’un amour absent. Les mots lumineux d’Apollinaire cherchent, dans la noirceur de la guerre, Lou « son unique amour et sa grande folie ». Les poèmes sont entrecoupés par des textes de chanson où Aragon semble répondre à Apollinaire, tous les deux crient l’amour sur fond de guerre et d’absence de l’être aimé.

 

Note d’intention

Mon désir de faire du théâtre est venue lors d’une représentation de « Poèmes à Lou » d’Apollinaire. Depuis, ces poèmes n’ont cessé de me hanter, de m’accompagner, de me guider dans mon parcours. Quelques années plus tard, en lisant Aragon, en écoutant ses textes mis en musique, comme une réponse à l’émotion de mon adolescence, j’ai imaginé réunir les deux poètes sur la scène.
Au milieu de la folie meurtrière de la guerre -mais la guerre n’est-elle pas déjà dans nos corps ?- Aragon et Apollinaire semblent dire ensemble le désir et la mort. Tout doucement, au coeur de leur solitude affleure le chant d’un possible amour. Alors que pour Aragon, j’ai repris les musiques de Léo Ferré, c’est Nicolas Joseph qui a composé celles des poèmes à Lou. L’accordéon et la guitare accompagnent et se fondent dans les mots des poètes.

Marie Fortuit

Ce qu’en dit la presse

logo Ouest france
mars 2011

« Marie Fortuit et Nicolas Joseph ont transformé le lieu en cabaret poétique et musical dans un ensemble plein d’émotions entre le désir, l’absence et la mort. Un grand évènement de qualité auquel le public a répondu présent. »

logo Télégramme
mars 2011

« A comme Apollinaire ou Aragon. A, aussi, comme Amour celui-là même qui sert de clé de voûte au Cabaret à Lou présenté vendredi soir à la médiathèque. Accompagnée par la guitare ou l’accordéon de Nicolas Joseph, la comédienne Marie Fortuit a su donner vie aux poèmes qu’Apollinaire écrivit sur le front.(…) Tout en émotion, les deux artistes ont envouté le public. »

logo Ouest france
août 2007

“ Nicolas Joseph et Marie Fortuit: une soirée de qualité”
« Vendredi soir, le silence s’est fait dès que Nicolas Joseph a égréné les premières notes de son accordéon et que la comédienne Marie Fortuit est entrée.
Toute en retenue, dans une économie poussée à l’extrême, elle s’avance vers le public pour dire les mots déchirés du poète Apollinaire…
Sa voix claire se mêle aux harmonies profondes que Nicolas Joseph sait arracher à son accordéon… L’absence, l’amour, surtout au-delà de la mort qui guette dans le sifflement des obus, au-delà de la perte de l’autre :
“Lorsque deux nobles coeurs se sont vraiment aimés leur amour est plus fort que la mort elle même”.
Sans déclamation aucune, tout en intériorité, la comédienne Marie Fortuit suspend le public à ses lèvres, soulevant l’émotion lorsque sa voix se lance dans les mélodies de Léo Ferré… »

logo Le Point
mai 2010

Les comédiennes tirent joliment leur épingle du jeu : Geneviève Brunet (Lise), grande dame du théâtre à l’orée de sa vie et Marie Fortuit (Julia), jeune brune incandescente et entière. »

logo Les trois coups
février 2010

« …Marie Fortuit interprète Julia, la mère de Lou. Cette jeune femme brune illumine le plateau par la maîtrise de son rôle et par son talent. D’un personnage au début effacé, elle parvient à dégager une présence et une authenticité en tous points remarquables, sans que l’on sente d’hiatus entre ces deux types de jeu. Dès ses premiers pas silencieux, son visage baissé irradie de cette énergie mystérieuse, magnétique, qui éclate dans des dialogues menés avec fougue et justesse. Cette individualité extraordinaire n’empêche pas d’apprécier des prestations plus ponctuelles… »

logo Au Poulailler
février 2010

« (…) de loin en loin, une jeune femme égarée, Julia -une Marie Fortuit entière et forte même dans le désespoir- va relier, à nouveau mais sans le savoir, les fils de ces destins… »

logo Longueur d'ondes
avril 2010

« Le premier album de ce chanteur-compositeur est une divine surprise. On valse de ballades douces en reggaes piquants, de folks énergiques en piano-voix touchants. La mise en bouche idéale pour se laisser prendre par ses textes. Et quels textes! L’écriture de Nicolas Joseph est aussi fine qu’haletante. Il dessine la limite de nos rêves. Son regard sur la société et ses exigences est acerbe, il a le cynisme tendre d’un Brassens. On ne peut s’empêcher de penser également au Québecois Pierre Lapointe (Planisphère) : Nicolas Joseph affiche le même talent de songwriter éclectique. A noter : le duo désanchanté avec Agnès Bihl (Les rues barrées). »

www.nicolasjoseph.org

« Une scène jouée dans la mémoire », Charlotte Delbo

adaptation et mise en scène Armel Veilhan

scénographie et dramaturgie Olivier Adelen

avec Olivier Adelen, Jean-François Deman, Marie Fortuit, Stéphanie Le Tohic, Gwenaëlle Nicolas, Violaine Phavorin



2006

En co-réalisation avec l’Espace Culturel Confluences (Paris 20ème). Aide à la production DRAC Ile-de-France.


Assistante de Louis Jouvet, Charlotte Delbo a écrit «Une scène jouée dans la mémoire » quelques années après son retour des camps d’Auschwitz et Ravensbrück. La pièce retrace les derniers moments partagés avec son mari et ses camarades résistants en 1942. Elle témoigne ici de ce que fut l’engagement de sa jeunesse. Au-delà, elle nous délivre le secret d’un amour condamné.


Note d’intention

Genèse d’un spectacle

Des mots qui ouvrent sur le silence et sur le rêve

Et c’est comme si les poussières de la guerre n’avaient jamais disparus avait dit un soir l’une d’entre nous.
Cette phrase avait fait sens au travail que nous entamions.
Delbo écrivait dans la mémoire vécu des évènements.
Nous, nous avons répété là où l’imaginaire créait sa propre mémoire.
Aucun d’entre-nous n’avait connu la guerre, mais c’était comme si, malgré nous, nous avions grandi, vécu au milieu de ses poussières.
Dans le passage de la vie à la mort, avant les mots du texte, en première partie du spectacle, nous avons alors imaginé cet ultime rêve des personnages.
Ce dernier trajet est le rêve de leur histoire commune.
Il est aussi notre rêve sur la jeunesse de ces personnages avant que la guerre n’éclate, avant que le destin ne les précipite dans la clandestinité et la tragédie.
Quelques secondes avant la séparation et la mort, le spectacle commencera parles images subjectives de la vie de ce groupe résistant.
Mais à l’inverse d’une reconstitution historique, c’est le champ des sensations que nous avons choisi d’investir.

Résister à la mélancolie et au cynisme

Près de l’Histoire, mais loin du témoignage, Charlotte Delbo calligraphie une langue singulière, un style qui, transcendant les évènements, les élève à l’universel.
Porter à la scène son engagement et celui de ses camarades, entendre les valeurs qui fondaient leurs vies, leur combat, c’est réaliser le vide abyssal dans lequel nous résidons aujourd’hui.
Alors que la liberté est chaque jour plus fragilisée, que les valeurs qui fondent notre démocratie se fissurent toujours un peu plus, qui donc s’élève encore pour protester ?
Pour combien de temps nous paierons-nous le luxe de rester sourds aux enjeux
de notre société et du monde ?

Un devoir d’intelligence

Il n’y a pas de devoir de mémoire, on a de la mémoire ou on n’en a pas.

Pierre Assouline

Du dialogue que nous avons partagé avec les comédiens, durant les répétitions, est ressortie une chose commune à tous : le devoir de mémoire dans lequel nous avions grandi, vécu, ne nous avait pas toujours aidé à comprendre l’histoire, à mettre les évènements en perspective, car plus que se souvenir de l’horreur, l’essentiel n’est-il pas de comprendre comment celle-ci fut rendue possible ?
La tentation totalitaire existait avant l’Allemagne d’Hitler, elle existe encore sous d’autres formes aujourd’hui.
Comment comprendre aujourd’hui si nous ne comprenons pas hier ?
Rien donc d’une commémoration dans notre démarche, mais plutôt un regard porté sur l’engagement de ceux qui, un jour, ont eu la force de faire corps avec leurs convictions.

La force de dire NON.

Au-delà de la poétique du texte, c’est ce lieu du refus qui a ouvert en nous la nécessité de créer la pièce.

Armel Veilhan


Ce qu’en dit la Presse

logo l'humaFragments sauvés par la mémoire Théâtre. Armel Veilhan met en scène un récit de Charlotte Delbo. On connaît Charlotte Delbo (1913-1985) pour avoir été l’assistante de Louis Jouvet. Elle fut aussi l’épouse du résistant Georges Dudach, rencontré après son adhésion au Parti communiste en 1932. Le 23 mai 1942, Charlotte Delbo lui dit adieu : il sera fusillé quelques heures plus tard au mont Valérien sur ordre de Pétain.
Emprisonnée, Charlotte Delbo partira en 1943 pour Auschwitz, puis Ravensbrück. Quinze mois passent. À son retour, elle écrit Une scène jouée dans la mémoire, où sont retracés, romancés, les ultimes instants vécus avec son mari et ses camarades.
Mené par Armel Veilhan, le Théâtre A a, au préalable, fait surgir comme en songe l’amitié, les amours puis l’engagement de Charlotte Delbo. Cela advient sur un mode quasi muet où les déplacements – vifs et les regards sont chargés – d’exprimer beaucoup. La dimension onirique est réussie (…)

« Comme il vous plaira », William Shakespeare

 

Mise en scène et adaptation Armel Veilhan

Avec Gregory Custo, Jean-François Deman, Marie Fortuit, Stéphanie Le Tohic, Soizic Martin, Gwenaëlle Nicolas, Violaine Phavorin, Armel Veilhan, Eve Zandi

Régie Julien Comte

Peinture Olivier Adelen


2005-2006 Spectacle école. Résidence de création au Château de la Roche Jagu (Conseil Général des Côtes d’Armor) dans le cadre des « Arts en chemin ».

Soutien du Théâtre du Soleil (Paris 12ème), du Théâtre Nanterre-Amandiers (Nanterre), du Théâtre de la Madeleine (Paris 8ème), de la municipalité de Saint Gaudens, du City (Lorient), des Amphis-scènes (Vaux-en-Velin), du Théâtre de l’Usine (Choisy le roi), de Confluences (Paris 20ème).

Ce qu’en dit la presse

logo Ouest france

Annonce du 4 mars 2005

Comédiens en herbe cherchent un toit

Les élèves-comédiens de l’école d’Armel Veilhan présenteront leur travail 23 avril au City. Ils souhaitent pourvoir dormir chez l’habitant pour partager leur passion du théâtre.

L’idée est venue du metteur en scène. Lui s’appelle Armel Veilhan. Il viendra présenter sa création à Lorient le 23 avril prochain au City. Il s’agit de la pièce Comme il vous plaira, de William Shakespeare. Il mettra en scène les huit élèves qui ont suivi ses cours pendant deux ans dans son école à Paris. C’est le deuxième spectacle-école qu’il présentera à Lorient. Cette fois, il veut aller plus loin et profiter de ce passage pour partager un peu plus qu’une simple soirée de théâtre. « Mes élèves comédiens aimeraient trouver des correspondants de leur âge, entre 19 et 23 ans, passionnés par le théâtre, pour partager un moment ensemble. » Concrêtement, il s’agit de trouver huit foyers susceptibles d’accueillir les comédiens en herbe pendant deux nuits. Le spectacle a pour but de mettre les élèves dans les conditions d’une vraie création avant leur sortie de l’école. S’il a respecté le texte de l’auteur élisabéthain, Armel Veilhan a fait une lecture de la pièce plus actuellle. « C’est une pièce sur l’Amour qui se base sur la haine, l’éxil et la douleur du bannissement, explique le metteur en scène. J’ai transposé l’histoire d’un opprimé et d’un opresseur entre un arabe opprimé et un occidental américain oppresseur. Je veux que ce spectacle soit porteur de paix, d’espoir, sous l’angle d’une révolte de l’opprimé. » Armel Veilhan est interpellé par tout ce qui touche le monde arabe. Il a déjà monté des spectacles sur l’Algérie.

Benjamin Bassereau

photos élèves

« Sortir de l’arbre », Hélène Millardet

Mise en scène Armel Veilhan

Avec Marie Gourion, Hélène Millardet


2003

Première création du texte.

Le City (Lorient) dans le cadre de Jeunes Auteurs/Premières pièces.


Ce qu’en dit la presse

logo Télégramme« Sortir de l’arbre » : une première oeuvre au City

Accueilli toute la semaine dernière au City par Plateau en toute liberté, Armel Veilhan a présenté, samedi, sa nouvelle création. « Sortir de l’arbre » est le premier texte du jeune auteur Hélène Millardet.
Armel Veilhan s’efforce de donner à des auteurs, aujourd’hui méconnus, l’occasion de s’exprimer. Hélène Millardet, comédienne au sein de la compagnie Théâtre A, laissait mûrir en elle, depuis des années, les mots et leur force. Sa rencontre avec Marie Gourion, dans le cadre de leur collaboration au sein du Théâtre A, a ouvert les vannes d’une écriture qu’elle a voulu théâtrale.
« Sortir de l’arbre » les met toutes deux en scène, dans la peau de deux jeunes femmes de théâtre en quête d’une identité et d’une vérité qu’autorisent l’amour et la recherche de la trace d’un père, trop tôt disparu. Mystère de la mort si attirante parce que si proche.
Hélène Millardet fait flamboyer sa révolte de jeune femme indomptée, en quête d’absolu. Le texte porte sa rage, ses questionnements et ses espoirs. »

Mars 2003

logo Ouest france« Sortir de l’arbre » au City : une pièce ambitieuse

Deux femmes, un père mort trop tôt, un autre absent. L’une et l’autre partent ensemble à la quête de ce vide ontologique. Par leur dialogue, Louise et Natacha parviendront à replacer le père dans leur existence et à prendre des distances avec lui. Sortir de l’arbre, c’est aussi sortir de ses origines pour mieux les regarder.
La pièce écrite par Hélène Millardet et mise en scène par Armel Veilhan est ambitieuse : par sa forme, elle fait irrémédiablement penser au théâtre grec antique. Hélène Millardet et Marie Gourion sont vêtues l’une et l’autre de grandes robes blanches. Toutes les deux, si différentes, jouent franc, avec beaucoup de talent et de conviction.
Le texte est fort, riche, profond et nécessite une attention de tous les instants pour en saisir toute la compléxité. L’action a beau être lente, l’écriture ne laisse aucun répit au spectateur. C’est sans doute ici la seule erreur d’avoir porté tel quel à la scène un texte très littéraire qui mérite d’être lu attentivement avant d’être écouté. »

Jérôme Gazeau