45 ans au Minerva Theatre de Chichester – critique

Alors que Kate (Geraldine James) et Geoff (Gabriel Byrne) approchent de leurs 45 ansème anniversaire de mariage, une lettre arrive pour Geoff. Le corps de son ancienne petite amie de 50 ans, perdue dans les glaces lors d’une randonnée dans les Alpes suisses, a été retrouvé. Ce qui se joue par la suite est moins le genre de mystère auquel on pourrait s’attendre après ce genre d’ouverture, mais plutôt un examen merveilleusement épuré et nuancé du mariage et de la façon dont les souvenirs et les événements antérieurs au couple ne se sont même pas rencontrés, façonnent et impactent leur relation.

Basée sur le film du même nom d’Andrew Haigh mettant en vedette Charlotte Rampling et Tom Courtney, Hannah Patterson s’adapte pour la scène lors de cette première mondiale au théâtre Minerva de Chichester. En 85 minutes sans interruption, Patterson et la réalisatrice Prasanna Puwanarajah ont créé un drame captivant et tendu d’une intensité discrète, et même si l’action peut se dérouler à un rythme glacial, ce sont les performances de James et Byrne qui entrent pleinement.

La structure créée par Patterson ressemble à un diaporama au cours d’une semaine de déroulement. Comme les diapositives que Geoff cachait dans son grenier de sa vie avant Kate, les scènes défilent devant nous en quelques minutes avant qu’une panne de courant complète ne nous fasse passer à la suivante. C’est comme un pic à glace qui arrache le bloc glaciaire pour révéler lentement et douloureusement les gouffres tacites de leur mariage. Ce n’est pas aussi ennuyeux qu’il y paraît grâce à la direction sensible de Puwanarajah.

Les actions de la vie antérieure de Geoff peuvent-elles vraiment nuire à celle du couple marié tant d’années plus tard ? La vie non vécue peut-elle être pleurée par Geoff aussi bien que par Kate ? Les actions du passé ont-elles dicté les décisions du futur ? Les questions sans réponse s’accumulent comme les 45 ans du coupleème la fête d’anniversaire approche.

Gillian Bevan, Gabriel Byrne et Geraldine James dans 45 ans

James et Byrne créent une relation sans enfant, intelligente et attentionnée, mais sans affection manifeste. Il existe une familiarité bien observée entre les deux, soulignant subtilement leur dépendance l’un envers l’autre. Même si la méfiance et le doute se faufilent dans leur mariage, Kate rappelle toujours à son mari de prendre ses pilules et continue de s’agiter autour de lui. Dans une scène finale simple mais déchirante, un moment de tendresse conçu pour projeter le bonheur domestique vers le monde extérieur est détruit par le fait qu’ils ne peuvent même pas se regarder.

Byrne dépeint Geoff comme un homme vieillissant, il oublie les choses et n’aime pas utiliser son téléphone portable. Son accent irlandais est réconfortant jusqu’à ce que des éclairs de colère apparaissent pour révéler un côté plus sombre et frustré. C’est une maîtrise magistrale de la façon de créer des tensions grâce au calme. James est tout en tolérance et en compréhension. Elle combat ses émotions sans chichi et essaie stoïquement de maintenir son équilibre et son calme extérieur.

James Cotterill a conçu un ensemble de pièces avant totalement vide, dominé par une trappe de loft flottante. Un retournement astucieux du décor nous emmène dans le grenier, mais les acteurs se retrouvent autrement à la dérive dans le vide de l’espace. Un filet d’eau curieusement insatisfaisant représente la fonte qui a provoqué l’horrible découverte au centre de l’histoire. Le réchauffement climatique est comme un rôle de soutien dans l’action, mais il est sous-développé à un tel degré qu’il semble inutile et distrayant.

C’est une nouvelle œuvre intrigante et profondément captivante, mais c’est surtout l’intensité simple de Byrne et James qui retient vraiment l’attention.