Dans la nuit des temps, la seule façon pour les adolescents d’entendre de la nouvelle musique pop était de régler illégalement leurs radios sur Caroline, une nouvelle station émettant depuis un navire radio rustbucket, ancré au large de la côte d’Essex, où un groupe de jeunes DJ non-conformistes, dont Tony Blackburn et Simon Dee, jouaient les derniers disques.
Sans Caroline, il n’y aurait pas eu Radio One, ni le raz-de-marée pop qui a balayé dans son sillage la scène musicale britannique. Radio Caroline a vu le jour en mars 1964 et l’existence précaire de la station, qui navigue dans les eaux internationales et tente d’échapper à la loi, relève de la légende.
L’écrivain désormais acclamé Vikki Stone a créé un spectacle exaltant, amusant et palpitant, Caroline : une nouvelle comédie musicalequi a ouvert ses portes hier soir à Le nouveau théâtre Wolsey, Ipswichet quel succès retentissant.
Caroline est une histoire d’amour en 45 tours qui se déroule au milieu de ces jours grisants et paisibles en haute mer où les pirates des plateaux régnaient sur les ondes.
Cela m’a tout ramené grâce à une formidable playlist de succès des années 60, interprétés par un casting d’acteurs-chanteurs aux multiples talents, et à une face B d’une histoire réconfortante d’amour et d’ambition pour vous réchauffer les coques.
Jake Halsey-Jones et Claire Lee Shenfield sont remarquables dans le rôle des amoureux adolescents Robbie et Caroline, qui ont du mal à s’en sortir. L’effronté Robbie est au chômage et ne va nulle part jusqu’à ce qu’il repère une offre d’emploi pour des disc-jockeys dans une nouvelle station de radio.
Après avoir d’abord échoué à impressionner son patron, Declan, il se débarrasse des airs et des grâces d’un présentateur de la BBC et convainc par sa plaisanterie et sa personnalité gagnante. Au cours des trois années suivantes, nous suivons son succès et sa relation difficile avec la fille qu’il aime, accompagnée des luttes de la station de radio pour rester à flot.
Il s’agit d’une production gagnante et sûre d’elle du réalisateur Douglas Rintoul et du co-réalisateur Alex Thorpe, avec Halsey-Jones et Shenfield à la tête d’un casting remarquable et impeccable qui échange habilement les rôles et affiche une diversité musicale impressionnante.
Gareth Cooper est délicieusement maléfique dans son rôle de « Capitaine Crochet », le méchant symbolique, le ministre des Postes du gouvernement, qui entreprend de couler Caroline. Joey Hickman ressemble en tout point à Declan, un entrepreneur ambitieux et bavard, tandis qu’Eloise Richardson excelle dans le rôle de Mary, la meilleure amie de l’adolescente Caroline. Perry Meadowcroft le fait sortir du parc avec sa voix rock.
Radio Caroline fut la première radio commerciale du pays et ça a passé trois ans à naviguer sur des eaux agitées et dans un tsunami de manifestations gouvernementales, avant d’être (temporairement) saboté.
Succès pour Caroline : le voyage inaugural de A New Musical autour des théâtres régionaux, soutenu par l’East Anglian Touring Consortium, est assuré – mais je parierais qu’il a aussi les jambes marines pour naviguer dans une couchette du West End.