La nature de la vérité et la mesure dans laquelle l’exprimer est une chose aimante sont des questions au cœur de cette comédie intrigante du célèbre dramaturge français Florian Zeller.
Vu pour la première fois à Londres il y a dix ans, le film revient avec un casting stellaire de quatre personnes dirigé par Stephen Mangan dans le rôle du mari infidèle Michel, dont l’amante Alice (Sarah Hadland) se trouve être mariée à son meilleur ami et partenaire de tennis Paul (Ardal O’Hanlon). Pendant ce temps, sa propre femme Laurence (Janie Dee) voit ses soupçons éveillés lorsqu’il commence à mentir sur l’endroit où il se trouve, avant qu’une variété de rebondissements – certains prévisibles, d’autres moins – ne conduisent Michel à se sentir comme le centre de son propre genre de Truman Show ; le seul à ne pas connaître la vérité.
Une comparaison évidente est celle de Pinter’s Betrayal, mais ici le ton est beaucoup plus léger au point de s’égarer dans la farce, accentué par la performance de plus en plus exaspérée et frénétique de Mangan. Parfois, il bascule presque sur le territoire de John Cleese, notamment lorsqu’il accuse son ami d’être un « salaud » pour avoir refusé de lui dire qu’il savait qu’il couchait avec sa femme. Ceux qui s’attendent à un drame semblable aux succès de Zeller, The Mother and The Father, devraient se préparer à être confus ; le fait que l’un des plus grands rires provienne d’une blague sur la simulation de perte au tennis vous dit tout ce que vous devez savoir.

Lindsay Posner, une vétéran de la comédie du West End, réalise avec une touche légère et lucide, alors que les scènes sautent dans divers lieux parisiens chics, soigneusement rendues par la designer Lizzie Clachan et dotées de sous-titres pointus tels que « funambule », « amitié » ou « une explication ». La traduction de Christopher Hampton fait ressortir l’œil typiquement britannique de Zeller pour l’ironie et l’équilibre entre la lumière et l’ombre. Il y a une saveur certaine d’Ayckbourn alors que les personnages ponctuent leurs bons mots domestiques avec des ruminations sur la nature de la réalité.
Tout cela en fait une programmation estivale intelligente, une aventure parisienne amusante avec une note intrigante de mélancolie, en particulier dans l’ambiguïté qui entoure Laurence de Dee, dont la détermination à gérer et à retenir la culpabilité de son mari a plus qu’une bouffée de contrôle et de cruauté.