Jeu de rôle à Summerhall – Revue Edinburgh Fringe

Il y a une prémisse contemporaine et sans aucun doute pointue qui bat au cœur de l’exposition personnelle d’Hannah Reilly, Jeu de rôle.

Structurée autour d’un pacte faustien pour l’ère numérique, l’intrigue suit l’aspirant podcasteur Danni, à qui l’on propose un contrat extraordinairement lucratif. Le piège ? Pour y parvenir, elle doit d’abord attirer une audience numérique de 100 000 auditeurs, et elle pense que le meilleur moyen d’y parvenir est de se lancer les pieds dans l’eau dans le monde de la positivité sexuelle, du travail du sexe, et même des cachots du sexe.

Le scénario de Reilly sonde intelligemment l’obsession moderne de l’engagement, où la valeur personnelle est inextricablement liée au profil, les individus abandonnant ainsi leurs relations étroites. Même l’indignation de votre mère ne devient rien d’autre qu’un contenu à remixer, réenregistrer et repartager. Il aborde un nombre remarquable de thèmes complexes, abordant les idées de sexe, d’action et d’autonomisation des femmes tout en s’interrogeant sur ce qui se passe lorsque la valeur de choc devient notre principale monnaie sociale.

En tant qu’interprète, Riley est magnétique. Elle évolue de manière transparente entre une série de personnages bien dessinés dans la vie de Danni avec un immense charisme, fondés sur une mise en scène fluide de Paige Rattray de Fangirl et une conception sonore nette et immersive gracieuseté de Lucy Baker-Swinburn qui maintient le récit en mouvement à un rythme rapide.

Pourtant, pour un article axé sur la notoriété qui repousse les limites, Jeu de rôle on se sent étonnamment en sécurité. Dans un écosystème Edinburgh Fringe où les discussions provocatrices sur la culture numérique, la moralité et la sexualité sont un territoire très fréquenté, la série manque du courage brut ou du véritable facteur de choc nécessaire pour véritablement déstabiliser son public. Le récit emprunte un terrain familier et, par conséquent, un concept qui devrait sembler dangereux et imprévisible peut, jusqu’aux derniers battements de l’intrigue, sembler un peu posé et trop contrôlé. Jeu de rôle finalement, il tient ses coups, s’arrêtant juste avant la piqûre audacieuse et viscérale que promet son principe.

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