Till the Stars Come Down, nominé pour Olivier de Beth Steel, a touché une corde sensible auprès du public pour une bonne raison.
Se déroulant autour du mariage de Sylvia et Marek à Mansfield, la pièce se déroule dans le chaos familier d’une fête de famille, alors que les sœurs Hazel et Maggie, le père Tony, tante Carol et oncle Pete affrontent d’anciennes tensions, de nouveaux conflits et les exigences du jour.
La production est à son apogée dans les premières étapes du premier acte. Les préparatifs du mariage réservé aux femmes regorgent de bavardages, d’incidents vestimentaires et de panique concernant les horaires. Steel écrit les relations entre les sœurs avec une habileté considérable, permettant à l’affection, à l’irritation et à la rivalité de coexister naturellement. Elle a une excellente oreille pour les dialogues comiques et le scénario regorge de répliques pleines d’esprit qui génèrent de véritables rires.
La mise en scène de Caroline Steinbeis garantit que les scènes bougent avec énergie en utilisant l’espace de représentation sur et en dehors de la scène. La conception d’Oli Townsend commence par un simple rideau de fond qui se sépare pour révéler le repas de mariage et se transforme plus tard en piste de danse disco et en extérieur de la salle. L’impressionnante conception d’éclairage de Johanna Town garantit que chaque scène est soulignée par des changements de couleurs et de tons qui reflètent le développement de l’histoire. La conception sonore d’Oliver Vibrans s’avère tout aussi efficace, améliorant les transitions de scène et donnant de la texture à la production.
AK Golding gère l’arc de personnage de Sylvia avec sensibilité. D’abord calme et accommodante, elle trouve progressivement sa voix au fur et à mesure de la pièce. Cependant, son sens du devoir envers son père après la mort de sa mère ne semble jamais entièrement convaincant, car Tony semble parfaitement capable de prendre soin de lui-même. Emma Pallant équilibre parfaitement le stoïcisme de Hazel avec une méchante séquence amère qui devient de plus en plus difficile à ignorer. Leah Brotherhead donne à Maggie un sentiment bienvenu de charme sympathique qui révèle lentement des veines plus profondes de troubles. Ses scènes avec Graeme Hawley portent une authentique charge émotionnelle. Hawley apporte une lumière et une obscurité brillantes à John. Ellie Daley impressionne également dans le rôle de Leanne, la fille de Hazel, ajoutant de la conviction à un rôle qui devient de plus en plus important.
Le portrait fort que fait Joe Alessi du ressentiment latent d’Oncle Pete reflète des années de souffrance. Ivan Ivashkin est moins bien servi par l’écriture, Marek se cantonnant souvent au stéréotype. Aunty Carol de Sadie Shimmin livre bon nombre des plus grands rires de la soirée, même si les trébuchements sur les répliques et les hésitations perturbent parfois le rythme de sa performance. Tony de Howard Ward se débrouille principalement dans les débats, mais son imitation de Tarzan s’avère l’un des moments forts comiques de la soirée. L’ensemble du casting s’engage pleinement, même lorsque le scénario n’apporte pas la même nuance ou la même cohérence dans le développement du personnage.

Il y a de superbes scènes tout au long de la production. Les échanges sérieux sont ponctués de jeux de mariage chaotiques et de l’utilisation intelligente d’une caméra portable bancale. Il projette les moments clés sur un écran de fond tout en capturant les petits détails à table sans détourner l’attention de l’action sur scène.
La pièce est ponctuée d’épisodes de mysticisme : l’appel obsédant de l’oncle Pete concernant les mines de charbon fermées lors de la réception de mariage, Sylvia debout au sommet d’une table alors que la pluie tombe autour d’elle, désireuse d’arrêter le temps lui-même, et le discours prophétique de Leanne alors qu’une lanterne en papier prend feu. Bien que remarquables isolément, ces moments s’inscrivent quelque peu maladroitement dans le cadre par ailleurs naturaliste de la pièce.
La pièce souffre d’une surabondance de préoccupations thématiques qui diluent son impact. Les conflits de classe, les préjugés, la loyauté familiale, le deuil et le changement social sont tous introduits, mais le grand nombre de problèmes empêche qu’aucun d’entre eux ne soit pleinement réalisé. Les tensions prometteuses, depuis les préjugés anti-polonais jusqu’aux rancunes persistantes des mineurs et aux trahisons familiales, sont évoquées plutôt qu’explorées de manière significative.
Alors qu’il entre dans ses dernières étapes, le ton et le rythme changent brusquement, laissant place à une succession de confrontations houleuses. Les relations et les loyautés se brisent à mesure que des révélations majeures font surface, mais ce qui devrait être émotionnellement dévastateur a souvent moins d’impact que prévu.
C’est la frustration centrale de Till the Stars Come Down. Il y a beaucoup à admirer : des performances solides, une écriture comique pointue, une mise en scène inventive, un design impressionnant et des exemples d’une véritable magie théâtrale. Pourtant, le grand nombre de volets concurrents ne permet jamais à un thème unique de trouver pleinement sa résonance. Le résultat est une pièce divertissante et surtout engageante qui promet plus qu’elle n’offre.