Revue du Million Dollar Quartet – Transfert à Londres pour l’extravagance du juke-box

Quatuor à un million de dollars arrive avec une proposition irrésistible : de la musique live, 23 chansons et quatre figures à la naissance du rock’n’roll. Aux Arts de Marble Arch, le décor promet dans un premier temps une machine à voyager dans le temps jusqu’aux années 1950. Un grand cadre d’avant-scène bordé d’ampoules chaleureuses entoure un sol en damier noir et blanc, tandis que des boiseries sombres, des disques, des photographies et des souvenirs vintage créent une esthétique chaleureuse de salle de musique et de studio de télévision rétro. Guitares, contrebasses, batterie et piano épousent les murs. Un spectacle dans le spectacle cadré presque comme un vieil écran de télévision.

Les musiciens sont certainement à la hauteur. Le producteur entreprenant de Darren Day, Sam Phillips, ouvre la soirée avec chaleur et simplicité. Lorsqu’un membre du public appelle, sa réponse rapide devient une interaction spontanée efficace. Jerry Lee Lewis de Joe Bence est immédiatement captivant, notamment par son formidable jeu de clavier. Dans l’ensemble de l’entreprise, la musicalité est techniquement impressionnante.

L’éclairage (d’Alex Musgrave) est peut-être l’élément créatif le plus fort de la production. Des faisceaux de néon étroits, des barres lumineuses ambrées et des couleurs changeantes créent une interaction atmosphérique entre une nostalgie chaleureuse et un éclairage de scène plus net. La palette rouge et blanche de Dyanne de Jenay Naima et l’éclairage solo rouge, orange et bleu de Christopher Erasmus Johnny Cash sont particulièrement efficaces.

« I Walk the Line » de Cash est un moment fort. Son arc dynamique, animé par des modulations continues des touches et des registres vocaux changeants sur cinq couplets, met en valeur la précision technique des interprètes. Le mouvement entre un éclairage doux et un éclairage plus fort complète la progression musicale, créant un effet aussi visuellement convaincant que sonorement satisfaisant. Au-delà de cela, « Fever » de Naima, livré avec une qualité vocale douce et magnétique sur fond de lumière jaune chaude, est l’un des moments les plus joliment intégrés de la soirée.

Le lieu a ses défauts : des sirènes incessantes peuvent vous éloigner de la nostalgie. Le spectacle lui-même est également loin d’être parfait : dès la septième chanson, la structure dramatique commence à montrer ses limites : musique, scène, parole, musique, scène, parole. La formule devient de plus en plus prévisible. Les interprètes restent engageants, mais l’élan s’arrête à plusieurs reprises.

La mise en scène aggrave le problème. L’espace limité oblige parfois les acteurs à tourner le dos au public, tandis que des interprètes (à moitié) figés en arrière-plan tentent d’établir un autre lieu. L’intention est claire ; la solution théâtrale est délicate. Une utilisation plus inventive de l’espace pourrait créer une séparation sans compromettre la relation des artistes avec le public.

Le scénario est également surchargé. La religion, le péché, le mariage et la moralité sexuelle, notamment à travers les longs passages de Jerry Lee, génèrent parfois un silence gênant plutôt qu’une tension dramatique. Une phrase historique raciste semble également inutile lorsqu’elle ne fait pas avancer l’intrigue ni n’approfondit considérablement le personnage.

La production fonctionne mieux lorsqu’elle se présente comme une célébration exubérante de la musique des années 1950 : joyeuse, nostalgique et irrésistible, mais tente d’ajouter un plus grand poids historique ou dramatique au lieu d’exposer une caractérisation mince, en particulier pour Elvis Presley et Johnny Cash.

Pourtant le final retrouve enfin son registre émotionnel. Un Polaroid capture les quatre musiciens ensemble alors que Sam réfléchit à leur premier et dernier moment partagé. Les rayons coralliens du coucher de soleil et le reflet de Sam dans le miroir créent une belle sensation de circularité alors qu’il jette un dernier regard autour du studio. Le talent est indéniable, les musiciens jouent avec brio et la lumière brille fréquemment.