Il y a une nostalgie frémissante, pré-smartphone, qui s’accroche à l’esprit vif d’Emily Steel. Comment ne pas réussir en Amériqueune pièce qui capture la panique désordonnée d’essayer de réussir en tant qu’artiste au tournant du millénaire.
Se déroulant à New York vers 2001, la pièce suit un acteur australien farouchement ambitieux et légèrement prétentieux naviguant dans les limites précaires du rêve américain. Sans visa, fauché et surfant sur un canapé après une rupture amoureuse, il paie le loyer avec un concert déchirant chez Kim’s Video (pas le principal, bien entendu) tout en attendant un travail « profond » – le genre que l’on ne trouve que dans les actions de bénéfices hors Broadway. Le récit non linéaire de Steel met habilement fin à l’ombre du 11 septembre, traitant la tragédie non pas comme un spectacle explicite, mais comme une toile de fond imminente et inquiétante de l’anxiété collective d’une époque.
Il y a des échos palpables au discours de Jonathan Larsonick, tic… Boum ! dans sa représentation du désespoir créatif. Entré dans le rôle à mi-parcours, Jono Darby offre une performance extraordinairement aimable. Il fonde l’angoisse millénaire du protagoniste avec un charme doux et naïf qui maintient le public fermement à ses côtés, même si sa vie personnelle s’effondre complètement.
C’est une heure de théâtre remarquablement regardable et brillamment observée. Steel trouve un équilibre délicat entre romantiser le frisson brut du Manhattan du début des années 2000, voir un scénariste que vous admirez depuis longtemps et exposer l’isolement brutal de la poursuite d’un rêve sans filet de sécurité. Pour tous ceux qui ont déjà été contraints de jongler entre rêves créatifs et réalités financières, cet article superbement écrit touche de près.