S’il existe une vérité universelle sur les histoires d’échanges de corps, c’est qu’elles fonctionnent mieux lorsqu’elles sont présentées lors d’un sprint animé. Heureusement, Vendredi bizarre at HOME à Manchester sort de la porte avec l’énergie maniaque d’un parent essayant de faire sortir un adolescent à temps pour l’école.
Cette nouvelle mise en scène est adaptée du conte classique bien-aimé de Disney de 1972 sur le chaos des échanges de corps mère-fille. C’est une aventure dynamique, légèrement frénétique et finalement sincère qui se penche joyeusement sur le chaos tout en glissant dans des moments de véritable clarté émotionnelle.
La prémisse reste aussi fiable que jamais, avec la mère harcelée Katherine et sa fille adolescente Ellie, qui lève toujours les yeux au ciel, échangeant leurs corps après un accident magique, déclenchant une journée de catastrophes et de révélations. Ce qui pourrait facilement sembler obsolète atterrit avec une fraîcheur surprenante, en grande partie grâce à deux performances centrales extrêmement engagées.
Rebecca Lock offre une excellente voix dans le rôle de Katherine, qui se retrouve à passer 24 heures dans le corps d’Ellie. Cependant, elle risque de surexploiter chaque moment mortifiant d’angoisse adolescente en virant, à l’occasion, à une caricature de sa fille. Jena Pandya dans le rôle d’Ellie, expérimentant ce que signifie être sa mère, livre le portrait très observé d’une fille qui comprend soudain ce qu’implique réellement la responsabilité et que des actions impulsives peuvent avoir des conséquences périlleuses.
Le réalisateur Andy Fickman maintient l’action vive et brillante, mettant en scène les décors avec une approche similaire à son travail sur Heathers the Musical. Les scènes s’enchaînent avec le genre de logique cinétique que seule la comédie d’échange de corps peut justifier. Le rythme est frénétique et énergique, et les numéros musicaux accrocheurs arrivent en masse et rapidement.

L’équipe de conception adopte une esthétique de scrapbooking ludique avec des fonds de tableau, des casiers tournants et des accessoires néon coquelicots et preppy. C’est amusant et joyeusement désordonné comme la chambre d’un adolescent.
Là où la production vacille, c’est dans le ton. Pour chaque moment fort, il y a un rythme sentimental qui semble légèrement insuffisamment cuit. Le centre émotionnel d’une mère et d’une fille qui s’entendent enfin atterrit, mais seulement après avoir parcouru quelques scènes qui poussent trop fort sur la morale. Les numéros musicaux sont fougueux mais parfois oubliables, servant plus de ponts narratifs que de grands spectacles.
Pourtant, les interprètes s’engagent si sincèrement que même le matériel le plus faible passe avec charme. Les deux protagonistes partagent le genre d’alchimie comique qui rend toute cette vanité véritablement plausible. Il y a un charme naturel dans le deuxième acte alors qu’ils commencent à se voir avec un regard neuf. Ian Virgo offre de belles voix dans le rôle du fiancé Mike, et Max Mirza est excellent dans le rôle d’Adam. Il brille vraiment dans le rôle du idole de l’école, notamment dans ses scènes avec Ghaith Saleh, qui incarne Fletcher avec une réelle assurance.
Au moment où l’ordre est rétabli, peut-être moins par magie qu’émotionnellement, le spectacle gagne définitivement sa conclusion chaleureuse et confortable. Ce n’est peut-être pas parfait, mais c’est sans aucun doute amusant : brillant, vif et soutenu par des performances qui rayonnent de joie et d’enthousiasme.