Il est curieux de s’asseoir au Royal Albert Hall, sous le regard d’un futur monarque, et de voir le drapeau tricolore de la République française flotter d’un air de défi aux côtés de l’Union Jack. Alors que les accords émouvants et révolutionnaires de Les Misérables gonflé pour remplir l’espace emblématique, on ne pouvait s’empêcher de se demander ce que la Royal Box avait fait de cette finale. Mais telle est la puissance du poids lourd de Cameron Mackintosh : il transcende la politique pour devenir une religion internationale à part entière.
Après un premier acte qui semblait parfois patauger dans des eaux légèrement lentes, la soirée a finalement trouvé son rythme, offrant à la fois des tours de variétés traditionnels et une célébration à indice d’octane élevé des muscles durables du West End.
Ce qui précède Les Mis La finale était, tout simplement, un moment de l’histoire théâtrale qui, je suppose, restera gravé dans la mémoire des spectateurs pendant des décennies. À l’occasion du 40e anniversaire, la scène a accueilli le passé, le présent et le futur du spectacle. Nous avions les vétérans aguerris des castings anniversaire, vos Bradley Jadens, Katy Secombes, Matt Lucases ou Killian Donnellys, menés par l’inévitable (et comme on pouvait s’y attendre excellent) Michael Ball, dont la présence à ces célébrations est désormais aussi certaine que l’hymne national.
Cependant, la véritable magie réside dans l’échelle. Mackintosh a rassemblé des acteurs amateurs de tout le pays – même si les qualifier d’« amateurs » semblait être un mauvais service. Ces interprètes étaient tout à fait incroyables, livrant la partition avec une précision et une puissance vocale qui feraient honte à de nombreuses compagnies de tournée professionnelles. Ajoutant une couche d’authenticité poignante, la nouvelle distribution française s’est jointe à la mêlée, leur prestation native des paroles ajoutant une texture terreuse et granuleuse aux mélodies familières. C’était un mur de sons qui ne remplissait pas seulement la salle ; ça l’a secoué.
Plus tôt dans la soirée, les temps forts du théâtre ont apporté l’effet « wow » nécessaire qui manquait parfois aux décors de comédie et de magicien. L’arrivée de Paddington The Musical est un véritable coup d’éclat. Il y a eu un halètement audible de la part du public lorsque l’ours titulaire est apparu pour la première fois. Tout aussi dynamique était Johannes Radebe, qui nous a donné un aperçu brillant de Bottes coquines avant sa diffusion très attendue au London Coliseum.
Il y a eu des moments d’une intense émotion. Un segment important a été consacré à Just for One Day, la comédie musicale basée sur les efforts inlassables de l’association caritative Live Aid pour prévenir les catastrophes humanitaires à travers le monde et sur l’approche peu orthodoxe mais tout à fait efficace de Bob Geldof en matière de collecte de fonds internationale. La prestation de « Blowin’ in the Wind » a été le moment vocal le plus marquant de la première moitié de la soirée ; c’était brut, urgent et a presque littéralement fait exploser le toit de la salle. Cela a rappelé avec force pourquoi le mélange de nostalgie et d’histoire sociale de ce spectacle s’avère si réussi au Shaftesbury Theatre.
Stephen Fry, dans sa tenue de Lady Bracknell, a livré un passage de L’importance d’être sérieux cela semblait un peu gênant dans le contexte d’un projet de loi sur les variétés. Même si l’esprit de Fry est incontesté, la transition d’un théâtre musical énergique à un esprit tronqué a semblé être un changement de vitesse qui n’a pas vraiment pris, laissant l’élan momentanément au point mort.
L’animateur Jason Manford a néanmoins gardé le moral, dirigeant le navire avec un charme solide et affable, ne laissant jamais le rythme trop s’affaisser.
Un moment particulièrement « charmant » – et profondément ancré dans l’ADN de cet événement – a été l’hommage à la grande institution de la pantomime britannique. Voir des légendes comme Christopher Biggins et Su Pollard sur scène ensemble était un joyeux rappel que la variété et le panto sont essentiellement les deux faces d’une même médaille. C’était un camp, c’était chaotique et c’était typiquement britannique.
Mais finalement, nous revenons à cette barricade. Alors que les masses se levaient, que les drapeaux s’agitaient et que les acteurs amateurs et professionnels fusionnaient en une seule force vocale gargantuesque, la Royal Variety Performance a atteint un sommet transcendant.
L’émission est diffusée demain sur ITV One.