Revue musicale Penelope – l’attente est terminée pour le prochain grand spectacle basé sur un classique grec

Au milieu de la résurgence culturelle actuelle entourant l’épopée d’Homère L’Odyssée grâce à l’épopée au box-office de Christopher Nolan, mettant en vedette le tour d’Anne Hathaway en tant qu’épouse qui défie les prétendants et tisse le linceul, vient une nouvelle comédie musicale brillante racontant sa propre perspective incroyablement contemporaine sur le personnage. Pénélope, d’Alex Bechtel, Grace McLean et Eva Steinmetz, détourne habilement les projecteurs du vagabond héroïque vers la femme laissée à Ithaque.

Alors que le mythe présente Pénélope comme le modèle ultime de patience passive, cette production bouleverse complètement ce récit (« J’ai regardé par la fenêtre si longtemps qu’elle s’est transformée en porte »). Entièrement ancré dans la psyché interne de Pénélope, le spectacle évite le récit littéral du long voyage d’Ulysse ou du massacre sanglant de ses prétendants persistants. Au lieu de cela, il propose une étude de personnage pointue et nuancée (« Je pourrais attendre éternellement si tu me disais à quoi servait l’éternité »). Composée avec un talent exquis par Alex Bechtel, évoquant la théâtralité complexe et révolutionnaire que seuls les meilleurs créatifs peuvent évoquer, la partition est animée par un trio serré et exceptionnel.

Grace McLean de Suffs domine la scène sans effort, tenant le public dans la paume de sa main. Dès le début, l’écriture expose le complexe profond de Pénélope : portant un humble bracelet d’argent, elle se sent intensément à jamais au-dessous de l’éblouissante Hélène de Troie. L’ironie cruelle selon laquelle son mari a été volé pendant deux décennies à cause d’Helen (après l’avoir courtisée dans sa jeunesse) est une pilule amère, renvoyant à une vision cynique et complexe de son mariage plutôt qu’à une romance de simple dévotion. Elle refuse explicitement de se laisser définir par le simple fait d’attendre. Un passage voit Pénélope se créer une nouvelle vie, s’enfuyant vers le sud, au-delà d’Ithaque.

Il y a un motif résonnant ici : le rituel quotidien de Pénélope au métier à tisser la voit tisser une tapisserie, pour ensuite défaire son travail fil par fil avant l’aube pour retarder ses prétendants. De la même manière, cet acte devient une métaphore frappante de l’art du spectacle vivant lui-même : chaque représentation fonctionne comme une histoire qui recommence complètement ; McLean tisse un récit saisissant, pour ensuite le détisser, le réinitialiser et recommencer demain.

Amusant, envoûtant et profondément enchanteur, Pénélope transforme le mythe antique en une heure de théâtre essentielle et époustouflante.